SOPK : quand on parle de résistance à l’insuline, on parle souvent d’alimentation, de sport, de compléments. Mais avant de se lancer dans des restrictions, potentiellement inutile : est-ce que c’est un enjeu chez vous, ici et maintenant ? L’indice HOMA (ou HOMA-IR) fait partie des outils qui peuvent aider à objectiver ça.
🧮 Que mesure l’indice HOMA (HOMA-IR) ?
L’indice HOMA-IR est un indice calculé à partir de deux valeurs à jeun :
- La glycémie à jeun
- L’insuline à jeun
L’idée derrière ce calcul est d’estimer, de façon indirecte, le niveau de résistance à l’insuline.
C’est un outil pratique parce qu’il est simple à réaliser (prise de sang), mais il reste un marqueur indirect : il donne une photographie du métabolisme à jeun, pas de ce qu’il se passe après un repas.
La formule la plus utilisée pour calculer l’indice HOMA :
- Si la glycémie est en mmol/L : HOMA-IR = (insuline à jeun [µUI/mL] × glycémie à jeun [mmol/L]) ÷ 22,5
- Si la glycémie est en mg/dL : HOMA-IR = (insuline à jeun [µUI/mL] × glycémie à jeun [mg/dL]) ÷ 405
À retenir : à glycémie égale, plus l’insuline à jeun est élevée, plus le HOMA a tendance à être élevé. Cela suggère que le corps a besoin de “plus d’insuline” pour maintenir une glycémie correcte, ce qui est compatible avec une résistance à l’insuline (à interpréter avec le reste du contexte).
🧪 Pourquoi évaluer sa résistance à l’insuline quand on a un SOPK ?
Dans le SOPK, la résistance à l’insuline est fréquente, et elle peut jouer un rôle sur :
- les variations d’énergie (coups de barre, faim rapide)
- les compulsions sucrées
- la prise de poids (mais pas toujours)
- l’ovulation et l’équilibre hormonal via l’hyperinsulinémie qui peut stimuler la production d’androgènes
Et surtout : la résistance à l’insuline est un axe important pour prévenir l’évolution vers une dysglycémie (pré-diabète / diabète) chez les personnes à risque.
Bref, quand le diagnostic du SOPK tombe, faites évaluer votre résistance à l’insuline est une priorité. Pourquoi ? Parce que si elle est présente, ce sera l’axe de travail principal pour gérer les symptômes liés au SOPK. Si ce n’est pas le cas, il faudra chercher et initier d’autres stratégies.

📊 Est-ce que je dois faire doser HOMA uniquement si je suis en surpoids ?
Non.
Le surpoids augmente le risque de résistance à l’insuline, mais il existe aussi un SOPK avec un IMC “normal” et une résistance à l’insuline.
Donc si vous avez un SOPK et que vous avez des signes compatibles (fatigue post-repas, fringales, acné inflammatoire, prise de poids récente, antécédents familiaux de diabète, difficultés à stabiliser le cycle), ça peut valoir le coup d’en parler avec votre médecin, même sans surpoids.
🧾 Quelles sont les autres analyses utiles (et leurs avantages) ?
Il n’existe pas un test parfait pour tout le monde. Chaque analyse a un intérêt différent.
QUICKI (Quantitative Insulin Sensitivity Check Index)
Le QUICKI est un autre indice calculé à partir de la glycémie à jeun et de l’insuline à jeun.
En pratique :
- HOMA-IR augmente quand la résistance à l’insuline augmente.
- QUICKI diminue quand la résistance à l’insuline augmente.
Hémoglobine glyquée (HbA1c)
L’HbA1c reflète une moyenne de la glycémie sur environ 2 à 3 mois.
Avantages :
- Utile pour dépister / suivre une dysglycémie installée
- Ne nécessite pas d’être strictement à jeun (selon les labos et prescriptions)
Limites :
- Elle peut être peu sensible aux formes précoces de résistance à l’insuline, surtout si la glycémie reste “dans les normes” malgré une hyperinsulinémie.
Hyperglycémie Provoquée par Voie Orale (HGPO)
C’est le test où l’on boit une solution de glucose (souvent 75 g), puis on mesure la glycémie à différents temps, jusqu’à 2 heures généralement.
Avantages :
- Permet de repérer des troubles de la tolérance au glucose qui peuvent être “invisibles” sur une simple glycémie à jeun
- Souvent considéré comme plus informatif que la glycémie à jeun seule pour dépister une dysglycémie chez certaines femmes SOPK.
Limites :
- Plus contraignant (temps au laboratoire)
- L’interprétation dépend du protocole et des seuils utilisés
En pratique
- HOMA / QUICKI : utiles pour une première photo du “à jeun” et pour suivre l’évolution.
- HbA1c : utile pour la vision “moyenne” sur 2–3 mois et le dépistage de dysglycémie installée.
- HGPO : utile quand on veut voir ce qu’il se passe après le sucre, et quand on a un doute malgré des bilans à jeun corrects.
📊 Comment analyser mon indice HOMA ?
D’abord : regardez toujours le contexte.
- Un HOMA isolé n’est pas “un diagnostic”.
- L’évolution dans le temps est souvent plus parlante.
- Il n’existe pas de seuil universel.
Pour avoir des infos concrètes sur les analyses de sang et le SOPK :

Newsletter Aide SOPK
Si tu as des questions sur ton SOPK, j’ai édité une série de newsletters sur le sujet. En tout : 5 emails pendant 10 jours qui visent à répondre aux questions que l’on me pose le plus souvent sur le Syndrome des Ovaires Polykystiques.
J’ai un SOPK, comment interpréter mon HOMA ?
Plus l’indice HOMA-IR est élevé, plus l’organisme doit sécréter d’insuline pour maintenir une glycémie normale, ce qui reflète une diminution de la sensibilité des cellules à l’insuline.
- Un indice HOMA-IR inférieur à 1 est généralement associé à une bonne sensibilité à l’insuline.
- À partir de 2–2,5, on commence à suspecter une résistance à l’insuline, en fonction du contexte clinique (IMC, âge, profil métabolique, SOPK, etc.).
- Un indice supérieur à 4 traduit le plus souvent une résistance à l’insuline marquée.
Valeur “optimale” en cas de SOPK : qu’est-ce qu’on vise ?
Plutôt que de chercher un chiffre parfait, je préfère raisonner comme ça :
- Objectif 1 : sortir d’une zone clairement défavorable (quand le HOMA est élevé)
- Objectif 2 : stabiliser (moins de pics, moins de symptômes)
- Objectif 3 : suivre l’évolution (recontrôle) avec la même méthode
🌱 Quelle stratégie mettre en place pour abaisser HOMA ?
En naturopathie, on travaille rarement sur un seul levier pour le SOPK.
L’objectif est de réduire l’hyperinsulinémie et d’améliorer la sensibilité à l’insuline, tout en restant réaliste et durable.
Alimentation (le pilier)
- Adapter selon votre profil (fringales, sport, cycles, stress)
- Construire des repas qui limitent les pics glycémiques : fibres + protéines + bons lipides
- Limiter les sucres rapides sans tomber dans une restriction punitive
Mouvement
- Marche après les repas, renforcement musculaire, activité régulière → On travaille ensemble une stratégie adaptée à vos envies et possibilité
- Le muscle est un grand “consommateur” de glucose : c’est un levier très sous-estimé !
Sommeil et rythme
- Un sommeil insuffisant augmente souvent la faim, les envies de sucre et la résistance à l’insuline
- Travailler sur la régularité et la récupération
Stress / cortisol
- Le stress chronique peut maintenir une glycémie plus haute et favoriser les compulsions
- Techniques simples : respiration, exposition à la lumière du matin, pauses, cohérence cardiaque
Plantes et compléments (au cas par cas)
Ici, je m’adapte au terrain, aux analyses et aux traitements en cours.
On peut évoquer, selon les situations :
- des plantes de soutien métabolique (ex: berbérine)
- des nutriments utiles à l’équilibre glycémique (ex: chrome)
- des cofacteurs (ex : magnésium) si fatigue/stress/sommeil fragile
L’idée est de choisir peu, mais bien, et de recontrôler.
Note
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Pour interpréter vos résultats et décider des examens pertinents (HOMA, HbA1c, HGPO/OGTT), rapprochez-vous de votre médecin ou d’un professionnel de santé.


