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Comment évaluer (et remonter) sa vitamine D ?

Vitamine D comment l'évaluer et la remonter

La vitamine D basse est souvent négligée alors qu’elle participe à de très nombreuses fonctions : système immunitaire, équilibre hormonal, santé ostéo-articulaire… Mais comment évaluer et remonter sa vitamine D ? Comment faire une prise de sang ? Quel coût ? À partir de quel dosage faut-il commencer à se complémenter ? Comment remonter sa vitamine D efficacement ?

☀️ Quelle est l’utilité de la vitamine D ?

Ses rôles et sa synthèse

La vitamine D a plusieurs rôles clés :

  • Os et dents : métabolisme calcium/phosphore.
  • Muscles : performance et récupération.
  • Immunité : modulation immunitaire (on ne parle pas de « moins malade », mais bien de soutien du terrain).
  • Métabolisme : lien avec la sensibilité à l’insuline.

À travers cette liste, on peut déjà voir son intérêt dans certains troubles hormonaux comme l’endométriose, le SOPK, la préménopause ou encore la thyroïdite de Hashimoto (hypothyroïdie). Tous ces troubles ont des composantes inflammatoires, insulinorésistantes ou immunitaires.

La vitamine D est principalement synthétisée via la peau sous l’effet des UVB. En France, entre l’automne et la fin de l’hiver, la synthèse est souvent insuffisante. Pour bien vous exposer au soleil, je vous recommande d’identifier votre phototype. L’exposition aide, mais elle dépend fortement de la saison, de la latitude, du phototype, de l’âge, des vêtements et de la météo.

👉 Côté alimentation, vous la retrouvez dans les poissons gras, le jaune d’œuf, le foie de morue… Mais l’alimentation seule corrige rarement une insuffisance.

Son impact dans les troubles hormonaux

SOPK (Syndrome des Ovaires Polykystiques)

La vitamine D joue un rôle clé dans la sensibilité à l’insuline et la régulation hormonale, deux mécanismes souvent perturbés dans le SOPK. Un déficit pourrait aggraver l’hyperandrogénie, les troubles du cycle et les difficultés ovulatoires. Plusieurs méta-analyses montrent qu’une supplémentation peut réduire significativement l’indice HOMA-IR et les marqueurs inflammatoires chez les femmes atteintes de SOPK (2).

Endométriose

Grâce à ses propriétés immunomodulatrices et anti-inflammatoires, la vitamine D pourrait influencer l’évolution de l’endométriose. Des taux insuffisants sont fréquemment observés chez les femmes concernées et pourraient participer à l’intensité de l’inflammation pelvienne. Les essais cliniques chez l’humain restent encore hétérogènes, mais la piste est activement explorée (3).

Préménopause et ménopause

En période de préménopause, la vitamine D soutient l’équilibre hormonal et participe à la santé osseuse, particulièrement vulnérable lors de la baisse des œstrogènes. Un statut optimal contribue également à moduler l’humeur et la fatigue souvent rapportées durant cette transition. La littérature scientifique confirme que la supplémentation combinée calcium + vitamine D peut prévenir les fractures ostéoporotiques chez les femmes ménopausées (4).

💉 Comment faire doser sa vitamine D ?

Quel marqueur demander ?

Le dosage de référence pour évaluer vos réserves en vitamine D est la 25(OH) vitamine D (25-hydroxyvitamine D). C’est ce marqueur que votre médecin ou votre laboratoire doit analyser.

Parcours via le médecin

En France, le déficit en vitamine D est très courant, surtout entre l’automne et la fin de l’hiver. Beaucoup de personnes sont en insuffisance sans le savoir, car les symptômes (fatigue, douleurs diffuses, baisse de moral) sont peu spécifiques. Consulter votre médecin en cas de doute.

La vitamine D est dans la plupart des cas « hors nomenclature« . C’est-à-dire qu’elle ne peut être remboursée par la Sécurité sociale en dehors de cas spécifiques (ostéoporose avérée, insuffisance rénale chronique, etc.).

Le médecin peut prescrire sur l’ordonnance : « Dosage 25-OH vitamine D », mais le bilan restera à votre charge.

👉 Le prix en laboratoire est d’environ 20 €.

Parcours via le laboratoire (sans ordonnance)

Il est également possible de demander directement un dosage en laboratoire, sans passer par le médecin. Le laboratoire fait généralement signer une décharge type :

« Je soussigné(e) reconnais demander un examen biologique sans prescription médicale et accepte qu’il ne soit pas remboursé. »

👉 Vous pouvez choisir si le résultat est transmis ou non à votre médecin.

Normes des laboratoires VS normes fonctionnelles

C’est un vaste sujet dans le monde de la santé fonctionnelle. Les normes affichées par les laboratoires sont des normes statistiques, c’est-à-dire établies sur la moyenne de la population. Beaucoup de femmes se situent donc « dans les normes » du laboratoire, mais restent en insuffisance sur le plan fonctionnel — c’est-à-dire à un niveau où le corps ne dispose pas de suffisamment de vitamine D pour assurer de façon optimale ses fonctions immunitaires, hormonales et osseuses.

Normes classiques de la vitamine D en laboratoire

  • Carence : < 10 ng/mL
  • Insuffisance : 10–30 ng/mL
  • Normal : 30–70 ng/mL

Normes fonctionnelles

👉 On vise souvent 40 à 60 ng/mL pour un effet optimal sur le plan immunitaire et hormonal. Et dans certaines pathologies inflammatoires comme l’endométriose, on peut viser des valeurs encore plus élevées.

Résultat 25(OH)DRepèreApproche pratique (à adapter + recontrôle)
< 10 ng/mLCarenceAvis médical recommandé. Correction souvent encadrée (parfois schéma type ampoules) + recontrôle.
10–40 ng/mLInsuffisancePhase d’attaque + prise quotidienne (souvent 2000–3000 UI/j selon contexte), recontrôle 8–12 semaines.
40–60 ng/mLZone recommandéeEntretien saisonnier (souvent automne-hiver à 1000 UI/j).

📈 Comment remonter sa vitamine D ?

Pourquoi faire doser sa vitamine D ?

👉 Avant toute supplémentation, faites doser systématiquement votre vitamine D. Ce dosage permet d’adapter la posologie à votre situation réelle et d’éviter les erreurs.

Respectez toujours les prescriptions ou les recommandations de votre professionnel de santé. Un surdosage en vitamine D est rare mais possible : il peut provoquer une hypercalcémie (excès de calcium dans le sang), avec des symptômes comme des nausées, une fatigue intense ou des troubles rénaux (5).

En France, la dose maximale autorisée en compléments alimentaires sans supervision médicale est de 3000 UI par jour (le GRIO, Groupe de Recherche et d’Information sur les Ostéoporoses, mentionne des doses allant de 1000 à 3000 UI/j selon les contextes). Au-delà, un suivi médical est recommandé.

Est-ce que la vitamine D sous ampoule est adaptée ?

L’UI (Unité Internationale) est l’unité de mesure utilisée pour quantifier la vitamine D dans les compléments alimentaires. Par exemple, 1000 UI = 25 µg de vitamine D3. En cas de carence identifiée, le médecin peut prescrire des ampoules. Elles sont généralement dosées à 50 000 UI (une prise par semaine ou par mois pendant 1 à 2 mois) ou à 200 000 UI (à renouveler tous les 6 mois environ).

Les avantages des ampoules, c’est l’aspect pratique : pas besoin de se complémenter tous les jours. De plus, dans ce cadre, elles peuvent être remboursées sur prescription.

Certaines données suggèrent toutefois « un manque d’efficacité, voire des effets néfastes, de l’administration de vitamine D en bolus pour des indicateurs où une administration quotidienne à doses modérées s’est avérée efficace chez les personnes présentant une carence en vitamine D » (1). En clair : une prise quotidienne à dose modérée serait souvent plus efficace pour maintenir un taux stable qu’une grosse dose espacée.

Est-ce que la vitamine D en gouttes est efficace ?

Sous forme de gouttes, à des dosages allant généralement de 1000 à 3000 UI par jour pour un adulte, la vitamine D est absorbée quotidiennement. Les posologies peuvent varier selon le profil, le poids et le taux de départ.

👉 L’inconvénient des gouttes, c’est qu’elles nécessitent de la régularité. Mais elles permettent aussi une approche plus progressive et ajustable. C’est une approche efficace, à condition d’adopter le bon dosage et de recontrôler.

Vitamine D : quel est le bon dosage en supplémentation journalière ?

Est-ce qu’une supplémentation de 3000 UI par jour suffit pour remonter une carence ?

Cela dépend de plusieurs facteurs :

  • Du taux initial de vitamine D (d’où l’importance du dosage avant de commencer !)
  • Du poids (plus le poids est élevé, plus les besoins augmentent)
  • Du niveau d’inflammation
  • De la saison
  • De la présence d’un SOPK, d’une maladie auto-immune ou d’un terrain inflammatoire

👉 Chez une femme carencée à 15 ng/mL, 3000 UI par jour peut être insuffisant pour atteindre un taux optimal dans un délai raisonnable.

Attention : si vous vous faites accompagner par un naturopathe, ce dernier ne peut pas recommander des dosages supérieurs à 3000 UI. Toutefois, ce dosage peut être insuffisant pour remonter un taux bas. Par exemple, pour passer de 20 à 40 ng/mL, un dosage de 5000 UI par jour pourrait être nécessaire, d’après le tableau ci-dessous.

Source : GrassrootsHealth, based on data in Anticancer Research.

Comment optimiser la prise de sa vitamine D ?

La vitamine D est liposoluble : elle a besoin de gras pour être bien absorbée. Prenez-la toujours au cours d’un repas contenant des lipides (huile d’olive, avocat, oléagineux, beurre…).

Le magnésium est également un cofacteur essentiel à l’activation de la vitamine D dans l’organisme. Si vous êtes sujette à la fatigue, au stress, aux crampes ou aux troubles du sommeil, une complémentation combinée vitamine D + magnésium est souvent recommandée.

La bonne démarche à suivre

  1. Consultez votre médecin en cas de doute et échangez avec lui en priorité.
  2. Faites doser votre vitamine D chaque hiver pour vérifier votre taux.
  3. Si votre taux est très bas (< 10 ng/mL), parlez-en à votre médecin : il peut être utile de passer par une phase d’attaque sous forme d’ampoules avant de basculer sur un dosage journalier.
  4. Si vous partez directement sur un dosage quotidien, adaptez la posologie en fonction de votre taux de départ et recontrôlez après 8 à 12 semaines.

Sources

(1) Vitamin D: Bolus Is Bogus — A Narrative Review (PMC, accès libre) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8674779/

(2) A meta-analysis of the effects of vitamin D supplementation on PCOS — HOMA-IR, hs-CRP, FBI, TT (PubMed, 2026) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41496027/

(3) Therapeutic Effects of Vitamins in Endometriosis Patients (PMC, 2026) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12898241/

(4) The role of vitamin D in menopausal women’s health (PMC, 2023) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10291614/

(5) Long-term supplementation with 3200 to 4000 IU of vitamin D daily and adverse events — A systematic review and meta-analysis of RCTs (PMC, 2023) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10195747/

Normes laboratoire : Eurofins Biomnis — PDF

Informations pratiques : Biogroup — Vitamine D : dosage, carence et traitement

Laure Guignard, Naturopathe à Lyon et Villeurbanne

Praticienne de santé naturopathe, je pratique en téléconsultation et à domicile sur Lyon ainsi que sur Villeurbanne. N’hésitez pas à prendre contact avec moi si vous avez des questions sur mes articles, la naturopathie ou si vous souhaitez prendre rendez-vous.