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Étude SOPK 2025 : ce que révèlent les 4 nouveaux sous-types

En octobre 2025, une étude publiée dans la prestigieuse revue Nature Medicine a fait beaucoup de bruit dans le monde de la santé féminine. Pour la première fois, une cohorte gigantesque de près de 12 000 femmes a permis d’identifier 4 sous-types distincts de SOPK, validés à l’international. Une avancée majeure qui change la manière de comprendre — et surtout d’accompagner — ce syndrome. Je te résume tout ce qu’il faut retenir, et pourquoi cette découverte est précieuse quand on cherche à reprendre la main sur son SOPK.

🔬 Pourquoi cette étude sur le SOPK est-elle remarquable ?

Avant de plonger dans les 4 sous-types, il faut comprendre pourquoi cette publication fait référence. Trois éléments la rendent particulièrement solide.

Une cohorte exceptionnelle de près de 12 000 femmes

La majorité des études sur le SOPK reposent sur de petits échantillons (quelques centaines de participantes au mieux). Ici, les chercheurs de l’Université du Shandong ont travaillé sur 11 908 femmes diagnostiquées SOPK entre 2013 et 2020, toutes âgées de 20 à 45 ans. C’est l’une des plus grandes cohortes jamais analysées sur le sujet.

Ce volume change tout : il permet de faire émerger des profils statistiquement robustes, là où des études plus petites ne peuvent qu’évoquer des tendances.

Une validation par 5 cohortes internationales indépendantes

Une étude, aussi grande soit-elle, ne suffit pas si elle n’est pas vérifiée ailleurs. C’est tout l’intérêt de ce travail : les 4 sous-types identifiés en Chine ont ensuite été retrouvés à l’identique dans 5 autres cohortes issues de :

  • Chine (cohorte indépendante)
  • États-Unis
  • Europe
  • Singapour
  • Brésil

Autrement dit, les profils ne sont pas un effet « population chinoise ». Ils se retrouvent quelles que soient l’origine ethnique et le contexte de vie. C’est ce qu’on appelle une reproductibilité internationale, et c’est rare pour une étude sur le SOPK.

Une méthodologie rigoureuse et un suivi long

Les chercheurs n’ont pas décidé arbitrairement de créer 4 catégories. Ils ont utilisé un algorithme de clustering non supervisé (méthode k-means) appliqué à 9 variables cliniques courantes (taux d’androgènes, IMC, SHBG, LH, AMH, etc.). Concrètement : ce sont les données qui ont fait émerger les groupes, pas une hypothèse de départ.

Autres points de solidité :

  • Suivi prospectif sur 6,5 ans des participantes
  • Croisement avec les résultats de FIV et les complications de grossesse
  • Publication dans Nature Medicine, l’une des revues médicales les plus exigeantes au monde
  • Collaboration internationale incluant notamment l’Institut Karolinska (Suède)

C’est cette combinaison cohorte massive + validation multi-pays + méthodologie data-driven + suivi long qui en fait une étude de référence pour les années à venir.

🧬 Les 4 types de SOPK identifiés par l’étude

L’étude met en évidence 4 sous-types, chacun avec sa signature hormonale, ses symptômes dominants, ses risques à long terme et les pistes d’accompagnement à privilégier. Aucune femme n’est forcément « 100 % » dans une catégorie — mais identifier son profil dominant change la stratégie d’accompagnement.

⚠️ L’étude chinoise identifie les profils et leurs risques, mais elle ne propose pas de stratégie d’accompagnement. Les pistes qui suivent correspondent aux axes que j’explore en naturopathie selon le sous-type dominant de la cliente. Elles ne remplacent pas un suivi médical et doivent être adaptées au cas par cas.

Infographie qui présente l'étude 2025 SOPK sur les 4 sous-types
Les 4 sous-types SOPK en 1 coup d’oeil

Type 1 — Le SOPK hyperandrogénique (HA-PCOS)

Signature hormonale : taux élevés d’androgènes (testostérone, DHEA), avec des marqueurs métaboliques globalement modérés.

Symptômes les plus fréquents du HA-PCOS

  • Hyperpilosité (visage, ventre, poitrine)
  • Acné persistante, peau grasse
  • Chute de cheveux androgénique
  • Cycles irréguliers, oligo-ovulation

Risques mis en avant par l’étude SOPK 2025

  • Le plus haut risque de fausse couche au 2ᵉ trimestre parmi les 4 sous-types
  • Anomalies du bilan lipidique (dyslipidémie)
  • Réponse à la FIV : meilleurs résultats avec transfert d’embryon congelé qu’embryon frais

Pistes d’accompagnement naturopathique pour le HA-PCOS

  • Soutien du foie et de la détoxification des œstrogènes (alimentation drainante, crucifères, plantes amères)
  • Régulation de la glycémie en priorité, car l’insuline stimule la production d’androgènes ovariens
  • Apport spécifique en micronutriments / plantes qui contribuent à moduler la conversion de la testostérone en DHT (androgènes puissant ++)
  • Soutien du microbiote intestinal (axe intestin–hormones)
  • Accompagnement de la peau, du cuir chevelu et de la pilosité par des approches ciblées

Type 2 — Le SOPK métabolique (OB-PCOS)

Signature hormonale : IMC élevé, marqueurs d’insulino-résistance prononcés, profil métabolique altéré.

Symptômes les plus fréquents de l’OB-PCOS

  • Surpoids ou obésité, notamment abdominale
  • Fatigue, fringales, envies de sucré
  • Cycles très irréguliers ou aménorrhée
  • Acanthosis nigricans (taches sombres aux plis)

Risques mis en avant par l’étude SOPK 2025

  • Complications métaboliques les plus marquées (diabète de type 2, hypertension)
  • Taux de naissances vivantes le plus bas en FIV
  • En revanche, le taux de rémission spontanée est le plus élevé lorsqu’une perte de poids significative est obtenue

Pistes d’accompagnement naturopathique pour l’OB-PCOS

  • Travail de fond sur la sensibilité à l’insuline
  • Rééquilibrage progressif de la composition corporelle plutôt que focus sur le chiffre de la balance
  • Activité physique adaptée
  • Optimisation du sommeil (7h30 minimum, routine du soir, hygiène lumineuse)
  • Apport en magnésium et en micronutriments souvent déficitaires sur ce profil

Type 3 — Le SOPK avec SHBG élevée (SHBG-PCOS)

Signature hormonale : taux élevé de SHBG (la protéine qui lie les hormones sexuelles), peu d’insulino-résistance, androgènes biologiquement disponibles plus bas.

Symptômes les plus fréquents du SHBG-PCOS

  • Forme la plus « légère » dans l’expression clinique
  • Cycles irréguliers parfois isolés
  • Peu ou pas d’hyperandrogénie marquée
  • Ovaires polykystiques à l’échographie

Risques mis en avant par l’étude SOPK 2025

  • Le plus faible risque de diabète et d’hypertension parmi les 4 sous-types
  • Les meilleurs résultats reproductifs, y compris en FIV
  • Pronostic global le plus favorable

Pistes d’accompagnement naturopathique pour le SHBG-PCOS

  • Maintien d’une hygiène de vie globale solide : le terrain est en effet favorable, l’enjeu est donc de le préserver
  • Soutien régulier du cycle menstruel et de l’ovulation
  • Vigilance sur la qualité du sommeil et la régulation du stress
  • Apport suffisant en cofacteurs hormonaux
  • Approche sobre, sans empilement de compléments ni de protocoles intensifs : ce profil ne demande pas de stratégie « lourde »

Type 4 — Le SOPK avec LH et AMH élevées (LH-PCOS)

Signature hormonale : taux élevés de LH (hormone lutéinisante) et d’AMH (hormone anti-müllérienne), profil très « ovarien ».

Symptômes les plus fréquents du LH-PCOS

  • Cycles longs ou absents (anovulation marquée)
  • Nombre de follicules très élevé à l’échographie
  • AMH parfois très haute
  • Difficultés à concevoir liées à l’absence d’ovulation

Risques mis en avant par l’étude SOPK 2025

  • Le plus haut risque de syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) lors des protocoles de FIV
  • Le taux de rémission spontanée le plus bas des 4 sous-types
  • Profil hormonal qui tend à se maintenir dans le temps

Pistes d’accompagnement naturopathique pour le LH-PCOS

  • Travail prioritaire sur l’axe hypothalamo-hypophysaire-ovarien (HHO), qui régule la pulsatilité de la GnRH et donc la sécrétion de LH
  • Pratique régulière de techniques de régulation du stress (le stress chronique dérègle directement l’axe HHO)
  • Optimisation du sommeil et des rythmes de vie, indispensables à une pulsatilité hormonale équilibrée
  • Soutien spécifique de l’ovulation – apports en cofacteurs
  • Accompagnement long et progressif : ce profil demande en effet un travail de terrain dans la durée
  • Vigilance particulière en cas de parcours PMA (échanger avec son médecin sur le risque de SHO)

Tableau récapitulatif des 4 sous-types selon l’étude SOPK 2025

Sous-typeSignatureSymptôme dominantRisque principalAxe naturo prioritaire
HA-PCOSAndrogènes ↑Acné, pilosité, chute de cheveuxFausse couche T2, dyslipidémieFoie, glycémie, zinc
OB-PCOSIMC ↑, IR ↑Surpoids, fringales, fatigueDiabète, hypertensionSensibilité insuline, sommeil, stress
SHBG-PCOSSHBG ↑Forme la plus modéréeLe plus faible des 4Hygiène de vie, cycle
LH-PCOSLH ↑, AMH ↑Anovulation, cycles longsSHO en FIV, faible rémissionSystème nerveux, ovulation

🎯 Pourquoi ces différences sont essentielles dans l’accompagnement du SOPK ?

Cette nouvelle classification n’est pas un détail académique. En effet, elle change concrètement la manière dont on doit aborder le SOPK quand on cherche à aller mieux.

Ce ne sont pas les mêmes problématiques

Une femme avec un SOPK hyperandrogénique vit son syndrome à travers la peau, les cheveux, la pilosité. À l’inverse, une femme avec un SOPK métabolique le vit à travers le poids, la fatigue, les fringales. Quant à celle qui présente un SOPK LH/AMH, elle le vit à travers l’absence de cycle et le parcours fertilité. Donner les mêmes conseils à ces trois femmes serait donc passer à côté de l’essentiel.

Ce ne sont pas les mêmes trajectoires possibles

L’étude SOPK 2025 a suivi les participantes pendant 6,5 ans. Elle montre ainsi que certains profils ont une probabilité de rémission spontanée bien plus élevée que d’autres lorsque les bons leviers sont actionnés (notamment l’OB-PCOS quand la composition corporelle change). En revanche, le LH-PCOS reste un profil plus stable, qui demande un accompagnement de fond, sans promesse rapide.

Ce n’est donc pas une question de « guérir » — le SOPK reste un terrain — mais plutôt de comprendre quel niveau de mise en rémission est réaliste, et combien de temps cela demande.

Ce ne sont pas les mêmes racines liées à l’insulino-résistance

On entend souvent que « tout SOPK est lié à l’insulino-résistance ». Cependant, l’étude SOPK 2025 nuance fortement ce message :

  • L’OB-PCOS est massivement insulino-résistant.
  • Le HA-PCOS l’est de façon modérée mais significative.
  • En revanche, le SHBG-PCOS est très peu concerné.
  • Quant au LH-PCOS, il a une dynamique avant tout neuro-endocrine, pas métabolique.

Par conséquent : toutes les stratégies « anti-insulino-résistance » universelles (jeûne, low-carb strict, suppléments métaboliques) ne sont pas pertinentes pour tous les profils. Les appliquer sans distinction peut donc être inutile, voire contre-productif.

Ce ne sont pas les mêmes priorités de suivi

Bilan lipidique pour le HA-PCOS, glycémie/HbA1c et tension pour l’OB-PCOS, suivi de l’ovulation pour le LH-PCOS, vigilance hygiène de vie globale pour le SHBG-PCOS… Ainsi, identifier son sous-type permet de prioriser les bons examens et les bons indicateurs de progression, plutôt que de tout surveiller en permanence.

🌿 Comment savoir quoi faire face à ton SOPK ?

C’est là que tout l’enjeu se joue. En effet, le SOPK n’est pas une maladie unique avec un protocole unique : c’est un terrain hétérogène, qui se vit différemment selon ton profil hormonal, métabolique et émotionnel.

Et pourtant, je vois passer chaque semaine des femmes qui ont déjà testé : la berbérine, l’inositol, le régime cétogène, les compléments « spécial SOPK », trois protocoles différents trouvés sur Instagram… avec à la clé beaucoup de fatigue, de découragement, et finalement pas grand-chose qui change.

C’est exactement là que l’accompagnement en naturopathie prend tout son sens : comprendre ton terrain (ton profil dominant, tes bilans biologiques, ton hygiène de vie réelle, ton histoire), construire une stratégie personnalisée, et surtout arrêter d’empiler des choses qui ne sont peut-être pas adaptées à TON SOPK.

Par ailleurs, pour aller plus loin et comprendre globalement comment agir sur ton SOPK au quotidien, tu peux lire mon article pilier : SOPK : comprendre et agir naturellement. De plus, si tu veux découvrir la classification naturopathique « classique » du SOPK (complémentaire de l’étude SOPK 2025), je l’ai détaillée dans cet article sur les types de SOPK.

Enfin, si tu veux qu’on construise ensemble la stratégie qui correspond à ton profil, je propose des accompagnements personnalisés sur Lyon et en visio. La première étape, c’est un appel découverte gratuit.

❓ Questions fréquentes sur l’étude SOPK 2025

Quels sont les 4 sous-types de SOPK identifiés par l’étude de 2025 ?

L’étude publiée dans Nature Medicine en octobre 2025 identifie 4 sous-types : le HA-PCOS (hyperandrogénique, marqué par l’acné et l’hyperpilosité), l’OB-PCOS (avec surpoids et insulino-résistance prononcée), le SHBG-PCOS (forme la plus modérée, avec un bon pronostic) et le LH-PCOS (avec LH et AMH élevées, marqué par l’anovulation).

L’étude chinoise sur le SOPK est-elle vraiment fiable ?

Oui, c’est l’une des plus solides jamais publiées sur le sujet. Elle repose sur une cohorte de 11 908 femmes, a été validée dans 5 cohortes indépendantes (Chine, USA, Europe, Singapour, Brésil), avec un suivi de 6,5 ans, et a été publiée dans Nature Medicine, l’une des revues médicales les plus exigeantes au monde.

Tous les SOPK sont-ils liés à l’insulino-résistance ?

Non, et c’est l’un des grands enseignements de l’étude. L’insulino-résistance est très présente dans l’OB-PCOS, modérée dans le HA-PCOS, peu marquée dans le SHBG-PCOS, et le LH-PCOS relève avant tout d’une dynamique neuro-endocrine. Appliquer une stratégie « anti-insulino-résistance » à toutes les femmes SOPK n’est donc pas pertinent.

Comment savoir quel sous-type de SOPK on a ?

Il faut croisé plusieurs éléments : un bilan hormonal complet (testostérone, DHEA, SHBG, LH, FSH, AMH), un bilan métabolique complet (glycémie à jeun, insuline, HOMA-IR, bilan lipidique…), une échographie pelvienne et l’analyse des symptômes dominants.

Le SOPK peut-il disparaître ?

Le SOPK reste un terrain, pas une maladie aiguë. L’étude montre cependant que certains profils, en particulier l’OB-PCOS, peuvent atteindre une rémission spontanée lorsque l’hygiène de vie change durablement. D’autres profils, comme le LH-PCOS, sont plus stables et demandent un accompagnement de fond sur le long terme.

Cette étude remet-elle en cause les classifications utilisées jusqu’à présent ?

Elle ne les annule pas, elle les complète. Les classifications fonctionnelles utilisées en naturopathie (insulino-résistant, inflammatoire, surrénalien, post-pilule) restent utiles dans la pratique clinique. L’étude apporte une validation scientifique data-driven qui rejoint en partie ces profils, et permet de prioriser les axes de travail avec plus de précision.

⚖️ Avertissement Cet article est à but informatif. Il n’a pas vocation à poser un diagnostic ni à remplacer un avis médical. Le SOPK doit être suivi par un professionnel de santé. La naturopathie intervient en accompagnement de l’hygiène de vie et du bien-être global, en complément du suivi médical.

📚 Sources

  • Gao X, Zhao S, Du Y, et al. Data-driven subtypes of polycystic ovary syndrome and their association with clinical outcomes. Nature Medicine, octobre 2025. Lien vers l’étude
  • Communiqué Karolinska Institutet — Four subgroups of PCOS open up for individualised treatment, octobre 2025
  • Communiqué NUS Medicine — PCOS subtypes press release, décembre 2025

A propos de l’auteure

Article rédigé par Laure Guignard, naturopathe à Lyon.
Spécialisée dans l’accompagnement des femmes : SOPK, endométriose, ménopause, troubles du cycle et hygiène de vie hormonale. J’accompagne mes clientes vers une meilleure compréhension de leur terrain et la mise en place d’une stratégie naturopathique personnalisée, en complément de leur suivi médical.
Consultations en cabinet à Lyon et en visio partout en France.

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Je suis naturopathe à Lyon et en visio, spécialisée dans l’accompagnement du SOPK et des troubles hormonaux féminins, avec une approche pragmatique basée sur la biologie, l’alimentation, les plantes et la gestion du stress.