En bref. Depuis mai 2026, le SOPK change officiellement de nom. Il s’appelle désormais SMOP, pour Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien (PMOS en anglais). La maladie reste la même, les critères diagnostiques aussi. C’est le mot qui évolue, et de mon point de vue, c’était nécessaire.
Si tu vis avec un SOPK, tu as sans doute vu l’info passer ces dernières semaines. Ton syndrome s’appelle maintenant SMOP. La vraie question, c’est : qu’est-ce que ça change pour toi ?
En tant que naturopathe spécialisée dans l’accompagnement des femmes avec un SOPK, j’ai envie de poser un regard nuancé sur ce changement. Il y a une vraie bonne nouvelle là-dedans, et un piège dont on ne parle pas encore assez.
SMOP : ce que veulent dire ces quatre lettres
SMOP, c’est Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien. En anglais, PMOS : Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome.
Concrètement, polyendocrinien parce que plusieurs glandes endocrines sont impliquées : ovaires bien sûr, mais aussi surrénales, pancréas, hypothalamus, hypophyse. Le syndrome n’est pas qu’une affaire d’ovaires. Métabolique, pour mettre en avant la dimension insuline, sucre, inflammation, poids, risque cardiovasculaire. Et ovarien, parce que les ovaires restent un lieu d’expression important du syndrome (excès d’androgènes, troubles de l’ovulation).
Surtout, le mot « polykystique » disparaît. C’est sans doute l’évolution la plus importante. Il désignait à tort des « kystes » alors qu’il s’agit en réalité de follicules immatures visibles à l’échographie. Cette confusion a fait des dégâts pendant des décennies : des femmes diagnostiquées SOPK ont cru avoir réellement des kystes ovariens (ce qui n’a rien à voir), et d’autres ont reçu un faux diagnostic uniquement sur la base d’un aspect échographique (aspect polykystique des ovaires ≠ SOPK).
Pourquoi changer de nom, et pourquoi maintenant ?
Le nom « Syndrome des Ovaires Polykystiques » posait trois gros problèmes.
- D’abord, il est faux médicalement. Il n’y a pas de kystes au sens pathologique du terme. Les follicules antraux nombreux ne sont qu’un critère diagnostique parmi d’autres, et pas le plus important.
- Ensuite, il réduit le syndrome aux ovaires. Or le SOPK touche tout le système hormonal et métabolique : peau, humeur, sommeil, fertilité, risque de diabète de type 2, santé cardiovasculaire à long terme.
- Enfin, il a retardé des diagnostics. Beaucoup de femmes sans aspect polykystique visible à l’échographie se sont entendu dire « tu n’as pas de SOPK », alors qu’elles en avaient un. L’image échographique a longtemps été perçue comme le critère central, alors qu’elle n’est ni obligatoire ni suffisante.
Le processus de renommage a duré plus de dix ans et impliqué plusieurs dizaines d’organisations académiques, cliniques et associatives de patientes. Ce n’est pas une mode, c’est un consensus international.
Mon avis de naturo
Je suis soulagée que le mot « polykystique » disparaisse. En séance, je passe encore beaucoup de temps à défaire deux idées reçues : que SOPK voudrait dire « kystes aux ovaires », et qu’une échographie normale signifierait « pas de SOPK ». Le mot entretenait une image à la fois fausse et plutôt effrayante.
Mettre l’accent sur l’endocrinien et le métabolique, c’est aussi rendre justice à ce que les femmes que j’accompagne vivent au quotidien. Fatigue, fringales, acné hormonale, cycles qui partent en vrille, résistance à l’insuline silencieuse. Ce sont des manifestations systémiques, pas seulement ovariennes.
Le piège du mot « métabolique »
Et c’est là que je veux poser une nuance, parce qu’elle me semble essentielle.
⚠️ Le SMOP n’est pas forcément métabolique. Mettre « métabolique » dans le nom risque de faire croire à toutes les patientes, et à beaucoup de professionnels, qu’elles ont automatiquement un trouble métabolique. C’est faux.
Le SOPK / SMOP est un syndrome très hétérogène. Certaines femmes ont effectivement un profil très métabolique : résistance à l’insuline, surpoids, inflammation chronique. Pour elles, le nouveau nom colle parfaitement. Mais d’autres ont un profil bien plus androgénique, avec acné, hirsutisme et cycles longs, et pourtant une glycémie et un HOMA tout à fait dans les clous.
Si on lit le mot « métabolique » trop littéralement, on risque de sur-prescrire des protocoles anti-insuline (metformine, inositol systématique, régimes très restrictifs) à des femmes dont ce n’est pas le levier principal. On risque aussi de sous-accompagner la dimension androgénique, inflammatoire ou nerveuse chez d’autres. Et de renforcer la culpabilité autour du poids et de l’alimentation chez celles qui n’ont aucun problème métabolique mesurable.
Le nom unique cache une réalité plurielle. C’est pour cela qu’un bilan personnalisé reste indispensable, et qu’aucun protocole copier-coller ne tient sur la durée.

Ce qui change concrètement (et ce qui ne change pas)
Si tu as déjà un diagnostic de SOPK, il reste valable. Les critères de Rotterdam révisés ne bougent pas, ton parcours de soin non plus. Pas besoin de refaire des examens uniquement à cause du nouveau nom.
Si tu cherches un diagnostic, tu vas entendre parler de plus en plus de SMOP, sans doute jusqu’à ce que le terme s’impose d’ici deux à trois ans. Le diagnostic repose toujours sur 2 critères sur 3 : cycles irréguliers ou anovulation, hyperandrogénie clinique ou biologique, ovaires multifolliculaires à l’échographie. Le critère échographique n’est ni obligatoire ni suffisant.
Côté accompagnement, rien ne change vraiment. Il reste individualisé, fondé sur l’hygiène de vie (alimentation, sommeil, gestion du stress, mouvement) et sur la compréhension de ton profil hormonal spécifique.
En résumé SOPK / SMOP
- Depuis mai 2026, le SOPK s’appelle officiellement SMOP : Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien.
- Le mot « polykystique » disparaît, et c’est une bonne chose : il était faux médicalement et a retardé beaucoup de diagnostics.
- Le mot « métabolique » entre dans le nom et reflète mieux la réalité pour beaucoup de patientes, mais pas pour toutes.
- Attention au piège : ce n’est pas parce que le mot « métabolique » est dans le nom que ton SMOP est forcément métabolique. La nuance reste essentielle. 4 sous-types de SOPK ont été identifié en 2025 dans une grande cohorte internationale.
Si tu veux comprendre ton SOPK / SMOP, son profil propre, ses leviers, et ce qui te concerne vraiment, c’est exactement le travail que je fais en consultation de naturopathie.
Tu te reconnais dans ce que tu lis ? Je propose un accompagnement de naturopathie spécifiquement dédié au SOPK / SMOP, qui prend en compte ton profil hormonal, métabolique et de vie. Pas de protocole magique, pas de promesse. Juste un travail structuré, personnalisé, pour comprendre et agir
Sources
- Teede H. et al., Renaming polycystic ovary syndrome: an international consensus statement on Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome (PMOS), The Lancet, mai 2026.
- International Evidence-Based Guideline for the Assessment and Management of PCOS, Monash University / ESHRE / ASRM, mise à jour 2023.
- Dapas M., Dunaif A., Deconstructing a Syndrome: Genomic Insights Into PCOS Causal Mechanisms and Classification (identification des sous-types), Endocrine Reviews, 2022-2025.
- HAS (Haute Autorité de Santé) — fiche d’information sur le SOPK, version en vigueur.
FAQ SMOP
Non. Si tu as un diagnostic de SOPK posé selon les critères de Rotterdam, il reste valable. Le SMOP désigne la même affection, avec les mêmes critères. Seul le nom change.
Non. C’est une idée reçue à laquelle il faut faire attention. Environ 30 à 50 % des femmes avec un SMOP ont un poids normal. Et toutes n’ont pas de résistance à l’insuline. La dimension métabolique est fréquente, mais pas systématique. D’où l’importance d’un bilan personnalisé (indice HOMA, hormones, inflammation, etc.).
Parce que les ovaires restent le lieu d’expression principal du syndrome (excès d’androgènes, troubles de l’ovulation, follicules antraux). Certains chercheurs auraient préféré un nom totalement neutre, mais le consensus a tranché pour conserver cette dimension reproductive dans l’intitulé.
La transition prendra plusieurs années. Les sociétés savantes, les revues médicales et les associations de patientes adoptent déjà SMOP / PMOS. Les médecins, le grand public et les moteurs de recherche vont suivre progressivement d’ici 2027-2028. En attendant, les deux termes coexistent.


