Quand on cherche “menthe + SOPK”, on tombe vite sur des promesses très séduisantes. En pratique, c’est plus nuancé : la menthe peut être une piste simple à tester, surtout si le profil est dominé par l’hyperandrogénie, mais elle ne remplace pas une stratégie globale. Consommer de la menthe peut être intéressant pour certains SOPK alors ne vous lancez pas à l’aveugle si cette plante n’est pas faite pour vous !
Sommaire
- Pourquoi parler de menthe quand on a un SOPK ?
- Le SOPK et l’hyperandrogénie (rappel utile)
- De quelle menthe parle-t-on ?
- Que disent les études ? (preuves et limites)
- Pourquoi la menthe n’est pas pertinente pour “tous les SOPK”
- Comment l’intégrer dans son quotidien ?
- L’approche globale en naturopathie (au-delà de la menthe)
- FAQ rapide
Cet article ne remplace pas un avis médical. Le SOPK est un syndrome complexe, et chaque situation est différente. Les informations ci-dessous sont à visée éducative.
Pourquoi parler de menthe quand on a un SOPK ?
Dans le SOPK, on peut retrouver (selon les profils) :
- une hyperandrogénie (acné, pilosité, parfois chute de cheveux),
- des troubles métaboliques (résistance à l’insuline chez certaines personnes),
- un terrain inflammatoire,
- et parfois des troubles digestifs associés.
👉 La menthe a surtout été étudiée pour un possible effet anti-androgène. On va voir ce que ça vaut, pour qui c’est intéressant, et comment l’utiliser intelligemment.
Le SOPK et l’hyperandrogénie (rappel utile)
L’hyperandrogénie peut se manifester de différentes manières :
- peau plus grasse,
- acné (souvent zone menton/mâchoire),
- pilosité (hirsutisme),
- chute de cheveux androgéno-dépendante.
Côté biologie, elle peut s’accompagner (selon les cas) de :
- une hausse de la testostérone totale,
- une hausse de la testostérone libre,
- une baisse de la SHBG (transporteur de la testostérone),
- une hausse de la DHT,
- une hausse du DHEA-S.
👉 Important : une personne diagnostiquée SOPK n’a pas forcément tous ces marqueurs. Selon le terrain, l’axe “prioritaire” peut être différent (ovaire, surrénales, métabolique, inflammation, stress…).
De quelle menthe parle-t-on ?
En phytothérapie, dire “la menthe” est trop vague. Selon l’espèce, les effets, les usages et la tolérance diffèrent. Avant de tester, on vérifie :
- le nom botanique,
- la galénique (infusion, extrait sec, extrait fluide, teinture mère, hydrolat, huile essentielle…),
- la tolérance et éventuelles précautions (reflux, sensibilité digestive, grossesse…).
La menthe verte et la menthe poivrée sont 2 menthes différentes.

Menthe verte
Mentha spicata
C’est la menthe la plus citée dans les études sur l’axe androgènes/hirsutisme. Elle est souvent consommée en infusion (type “spearmint tea”).
Profils souvent concernés :
- hyperandrogénie marquée,
- acné hormonale,
- pilosité,
- inconfort digestif (moins “puissante” sur le spasme que la menthe poivrée)
Menthe poivrée — Mentha × piperita
La menthe poivrée est surtout intéressante pour l’axe digestif (spasmes, ballonnements, nausées). Elle est plus riche en menthol → effet antispasmodique plus marqué, souvent utilisée quand il y a crampes, gaz, ventre qui gonfle après les repas.
À savoir : chez certaines personnes, elle peut aggraver le reflux.
👉 Sur l’axe “androgènes”, la majorité des données humaines disponibles concerne surtout la menthe verte, pas la menthe poivrée. Cela ne veut pas dire que la menthe poivrée ne peut avoir aucun effet sur l’axe des androgènes, mais à ce jour les données cliniques chez la femme manquent (comparativement à la menthe verte).
Que disent les études ? (preuves et limites)
Les données humaines sur la menthe dans le SOPK sont limitées (petits effectifs, durées courtes). On retrouve surtout deux études : des essais chez des femmes hirsutes (dont une partie avec SOPK) et un essai randomisé spécifiquement chez des femmes SOPK.
Étude 1 — Hirsutisme (dont SOPK), menthe verte 2×/j sur 5 jours
Dans une petite étude (21 femmes hirsutes, dont 12 SOPK), la prise de menthe verte 2 tasses par jour pendant 5 jours (phase folliculaire) a été associée à :
- une baisse de la testostérone libre,
- une hausse de LH, FSH et estradiol,
- sans baisse significative de la testostérone totale ni du DHEA-S.
📚 Source : Effect of spearmint teas on androgen levels in women with hirsutism (2007). PMID: 17310494.
Étude 2 — SOPK, essai randomisé 30 jours (menthe verte)
Dans un essai randomisé (30 jours) chez des femmes SOPK, le groupe “menthe verte” a présenté :
- une diminution de la testostérone totale et libre (statistiquement significative),
- des modifications de LH/FSH,
- une amélioration du ressenti sur l’hirsutisme.
Mais pas de baisse significative du score Ferriman–Gallwey (outil qui permet d’évaluer l’hirsutisme) sur 30 jours. Ce résultat est plutôt cohérent : la biologie (marqueurs sanguins) peut évoluer plus vite que l’aspect clinique visible (pilosité ici).
📚 Source : Spearmint herbal tea has significant anti-androgen effects in polycystic ovarian syndrome. A randomized controlled trial (2009). PMID: 19585478.
Limites à garder en tête
C’est études ont des :
- Durées courtes.
- Effectifs modestes.
- Protocoles variables (quantité, forme, qualité des plantes).
- Effets potentiellement inégaux selon les profils.
👉 Conclusion honnête : la menthe verte est une piste intéressante, mais ce n’est pas un “traitement” du SOPK à elle seule.
Pourquoi la menthe n’est pas pertinente pour “tous les SOPK”
Déjà, il est important de s’assurer qu’une hyperandrogénie est bien présente. Ce n’est pas le cas pour tous les SOPK. Et réduire les androgènes qui servent à produire les oestrogènes chez une femme qui a des difficultés à ovuler, c’est complètement contre-productif !
Ensuite quand il y a hyperandrogénie, les mécanismes peuvent être différents.
Dans la pratique :
- parfois ce sont surtout la testostérone totale et/ou la testostérone libre qui sont concernées,
- parfois on observe plutôt une élévation du DHEA-S (androgène principalement d’origine surrénalienne).
Quand le profil est plutôt “surrénalien” (DHEA-S élevé), une approche centrée sur la menthe peut être moins prioritaire. On cherche alors souvent à travailler d’abord sur :
- stress, sommeil, charge mentale,
- inflammation,
- digestion (là la menthe poivrée à sa place par contre !),
- activité physique et récupération.
👉 D’où l’intérêt d’un bilan complet et d’un accompagnement qui aide à identifier l’axe prioritaire (ovaire, surrénales, métabolique, inflammatoire…), plutôt que d’appliquer la même plante à tout le monde.
Comment l’intégrer dans son quotidien ?
👉 Rituel inspiré des études : La menthe verte en infusion matin et en fin d’après-midi (à distance des repas).
Pour évaluer “si ça vaut le coup”, tenir un journal type alimentaire peut avoir sa pertinence pour :
- tolérance digestive,
- qualité de peau,
- ressenti sur la pilosité (les photos mensuelles peuvent aider à objectiver),
- énergie, humeur
Comment choisir une plante de bonne qualité ?
Quand on parle de plantes (en vrac, en gélules ou en extrait), la qualité fait une énorme différence : efficacité, tolérance… et parfois même sécurité. Voici les repères simples à transmettre à tes patientes.
1) Une plante qui “sent” et qui a du goût
Ça paraît basique, mais c’est souvent très parlant : une plante aromatique (comme la menthe) de bonne qualité a une odeur nette, un goût franc, et une couleur cohérente.
Si ça ne sent “presque rien”, que c’est poussiéreux, grisâtre, ou très émietté : qualité souvent plus faible (plante vieille, oxydée, mal stockée…).
2) Privilégier le bio (ou, à défaut, des filières contrôlées)
Pour les plantes consommées régulièrement, viser du bio est un vrai plus : moins de pesticides, et généralement des cahiers des charges plus stricts.
À défaut de bio, chercher des marques/herboristeries qui donnent des infos claires sur la provenance et les contrôles.
3) Acheter en herboristerie (ou chez des marques transparentes)
L’herboristerie sérieuse a souvent :
- un meilleur renouvellement des stocks (plantes plus “fraîches”),
- un conseil plus pertinent,
- une meilleure traçabilité.
L’approche globale en naturopathie (au-delà de la menthe)
Une tisane, même bien choisie, ne compensera pas un SOPK “piloté” par des facteurs plus profonds.
En accompagnement naturopathique, l’objectif est de :
- identifier l’axe prioritaire (insuline, inflammation, stress/sommeil, hyperandrogénie…),
- construire des habitudes tenables,
- choisir une phytothérapie cohérente avec le profil,
- éviter l’empilement d’outils.
La menthe peut alors devenir :
- un outil d’appoint (hyperandrogénie : menthe verte),
- un outil de confort (digestion : menthe poivrée si bien tolérée),
- un rituel simple qui soutient une routine plus large.

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FAQ Menthe & SOPK
La plus cohérente avec les études disponibles est la menthe verte (Mentha spicata) en infusion.
Oui, mais plutôt pour l’axe digestif (ballonnements, spasmes). Sur l’axe “androgènes”, les données humaines concernent surtout la menthe verte. Cela ne veut pas dire que la menthe poivrée n’a pas d’effet sur l’hyperandrogénie mais pour le moment cet effet n’est pas documenté chez la femme.
Repère simple : 2 tasses/jour (matin + fin d’après-midi), pendant 4 semaines, puis on réévalue (tolérance + symptômes).
Les marqueurs biologiques peuvent parfois bouger en quelques semaines. Sur la peau/la pilosité, il faut souvent plus de temps (et l’effet peut rester modeste).
En cas de reflux, prudence surtout avec la menthe poivrée (ça peut aggraver).
Grossesse/allaitement : éviter les prises “intensives” sans avis.
L’huile essentielle de menthe n’est pas équivalente à l’infusion (précautions très différentes).
Non. Elle peut être un levier complémentaire (surtout pour l’hyperandrogénie), mais le SOPK nécessite une approche globale adaptée au profil.
Vous souhaitez une approche personnalisée (hyperandrogénie, cycles, glycémie, stress, digestion) et un plan concret adapté à votre profil 👉 vous pouvez réserver une séance découverte.


